Le champs de la mission de Jésus                                                                                                                          

L’étendue de la mission de Jésus est un sujet de controverses interreligieuses. Les évangélistes ont toujours soutenu que Jésus a été envoyé pour toute l’humanité. Dans cette réflexion je vais m’efforcer de démontrer sur base des textes bibliques que Jésus n’a été envoyé qu’aux israélites et que les païens n’ont pas été admis à son message sur base de son initiative, mais par la grâce leur manifestée après que Jésus soit passé.

                     L’unanimité des textes                

Avant la naissance de Jésus, l’ange Gabriel, le porte-parole fidèle de Dieu,  a spécifié l’étendu de sa mission  en éclaircissant cette affaire à Jacob, le  fiancé  de Marie : « Elle enfantera  un fils auquel tu donneras le nom de Jésus, car c’est lui qui sauvera son peuple de ses péchés. » Matthieu 1 :21.                                                                                                               Ici, il n’est pas question de sauver le monde entier, mais son peuple, les Israélites.

Le Message de l’ange avait été déjà spécifié des siècles avant par le Prophète Michée : « … et toi, Bethlehem, terre de Juda, tu n’es certes pas le plus petit de chefs-lieux  de Juda : car c’est de toi que sortira le chef qui fera paître mon peuple » Matthieu 2:6.                                          

Dans ces deux versets, il est clair que la mission de Jésus se limite en Israël et pour les Israélites, encore qu’il faille souligner que cette prophétie de  Michée est à problème en rapport avec la naissance de Jésus.                                                              

Pendant son apostolat, Jésus a été plus que clair dans cette affaire. Il a déclaré : « … Je n’ai été envoyé qu’aux brebis perdues de la maison d’Israël ». Mais la femme vint se prosterner devant lui : « Seigneur, dit-elle, viens à mon secours.» Il répondit : « Il n’est pas bien de prendre le pain des enfants pour le jeter aux petits chiens. » « C’est vrai, seigneur ! reprit-elle ; et justement les petits chiens mangent des miettes qui tombent de la table de leurs maîtres » Alors Jésus lui répondit : « femme, ta foi est grande ! Qu’il t’arrive comme tu le veux ». Matthieu 15 :21 à 28.                                                                                                                                                       Devant une femme étrangère, cananéenne, Jésus lui dit qu’elle n’est pas concernée par sa mission. Face à l’insistance  de cette étrangère, Jésus répliqua que sa mission était pour les juifs et, par rapport à cela, les étrangers, comme elle, étaient des petits chiens. La femme non juive a compris et reconnu qu’elle était une chienne, que  dis-je, les non juifs étaient des petits chiens devant la doctrine (le message) de Jésus et elle présenta le dernier argument :  les petits chiens mangent des miettes qui tombent des tables de leurs maîtres, c'est-à-dire  si nous ne sommes pas concernées  par votre  mission, qui est la nourriture (le pain) des enfants (israélites), aidez-nous quand même, ai pitié de nous.                                                                                 

Un  prophète dont la mission était universelle pouvait-il qualifier les autres peuples des petits chiens qui ne sont pas concernés par la doctrine qu’il a apportée ? Le fait de solliciter les miettes pour des chiens (les païens) montre à suffisance que  Jésus n’était envoyé qu’aux Israélites. L’attitude de Jésus devant cette païenne était une application pédagogique des recommandations qu’il a formulée à l’endroit de ses disciples à plusieurs occasions lorsqu’il y avait nécessité. L’on relèvera, par exemple :                 «  ces douze, Jésus les envoya  en mission avec les instructions suivantes : « Ne prenez pas le chemin des païens et n’entrez pas dans une ville de Samaritains ; allez plutôt vers les brebis perdus de la maison d’Israël.» Matthieu 10 :5 à 6.                                           

« Ne donnez pas aux chiens ce qui est sacré, ne jeter pas vos perles aux porcs, de peur qu’ils ne les piétinent et que se retournant ils ne vous déchirent. » Matthieu 7:6.                                                               Par ces versets, Jésus interdit formellement à ses  disciples  de porter ses enseignements aux païens, c'est-à-dire en dehors des israélites. Les païens sont qualifiés des chiens et des porcs devant lesquels il faut se méfier. En d’autres termes, Jésus interdit formellement à ses disciples d’universaliser sa mission.

 « Si l’on pourchasse dans telle ville fuyez dans une autre, et si l’on vous pourchasse dans celle-là, fuyez dans une troisième, en vérité je vous le dit, vous n’achèverez pas le tour des villes d’Israël avant que ne viennent le fils de l’homme ».Matthieu 10 :23.                                                                                                                                      Par ce passage, l’on comprend que Jésus était conscient des difficultés et des souffrances que rencontreront ses disciples après lui  et les a enjoints de persister  avec sa mission en Israël, pays où le fils de l’homme devait les trouver vivants à son retour. Cette restriction de son message aux brebis perdues de la maison d’Israël contredit l’universalité de ce même message.                                                                                                 

« Alors Pierre dit en réponse : « Vois ! Nous avons tout quitté et nous t’avons suivi ; qu’y aura-t-il en faire pour nous ? Jésus leur dit : « Vraiment, je vous le dis : lors de la récréation, quand le fils de l’homme s’assiéra sur son trône glorieux, vous qui m’avaient suivi, vous siégerez, vous aussi, sur douze trônes, jugeant les douze tribus d’Israël » Matthieu 19 :27 à 28.                                                                                                                                                            Les douze trônes sont pour les douze tribus d’Israël et il n’y en pas  un seul pour les autres. 

                        Les antithèses                                                                             Les chrétiens ont un arsenal de versets qu’ils présentent pour soutenir le caractère universel de la mission de Jésus, dont voici quelques uns :                                                                                                 

«  J’ai encore d’autres brebis, qui ne sont pas de cette bergerie ; celles-là il faut que je les amène, elles entendront ma voix, et il y aura un seul  troupeau, une seule bergerie ».Jean 10 :16.                                                                                                                                                            Les brebis d’une  autre bergerie ne sont-elles pas les païens, dira-t-on ?                                                                          

« Vous êtes les enfants des prophètes, et de l’alliance que Dieu a conclu avec nos pères, disant à Abraham : Et en ta semence toutes les familles de la terre seront bénies. A vous premièrement, Dieu ayant suscité son Fils Jésus, l’a envoyé pur vous bénir, en détournant chacun de vous de ses iniquités. Actes des apôtres 3:25-26.                                                                            Le message de Jésus fut d’abord  prêché aux juifs, pour ensuite être prêché à toutes les nations: « Et il leur dit: Ainsi il est écrit que le Christ souffrirait, et qu'il ressusciterait des morts le troisième jour, et que la repentance et le pardon des péchés seraient prêchés en son nom à toutes les nations, a commencer par Jérusalem. » Luc 24:46-47.                                                                  

Il est affirmé dans la Bible que le message de Jésus est destiné pour le Monde entier:« Cette bonne nouvelle du royaume sera prêchée dans le monde entier, pour servir de témoignage à toutes les nations. Alors viendra la fin ». Matthieu 24 : 24.

« Lorsque le Fils de l'homme viendra dans sa gloire, avec tous les anges, il s'assiéra sur le trône de sa gloire. Toutes les nations seront assemblées devant lui. Il séparera les uns d'avec les autres, comme le berger sépare les brebis d'avec les boucs». Matthieu 25:32-33.

« Allez, faites de toutes les nations des disciples, les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit». Matthieu 28:19.

« Puis il leur dit: Allez par tout le monde, et prêchez la bonne nouvelle à toute la création ». Marc 16:15.

« Car Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse point, mais qu'il ait la vie éternelle ».Jean 3:16.

« Et ils disaient à la femme: Ce n'est plus à cause de ce que tu as dit que nous croyons; car nous l'avons entendu nous-mêmes, et nous savons qu'il est vraiment le sauveur du monde. » Jean 4:42.

« Mais vous recevrez une puissance, le Saint Esprit survenant sur vous, et vous serez mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée, dans la Samarie, et jusqu'aux extrémités de la terre». Actes des apôtres 1:8.                                                                                                               En plus de ces textes, les chrétiens ont d’autres passages qui montreraient les prémices de l’universalité de la mission de Jésus pendant son ministère:                                             « Comme il montait dans la barque, celui qui avait été démoniaque lui demanda la permission de rester avec lui. Jésus ne le lui permit pas, mais il lui dit: Va dans ta maison, vers les tiens, et raconte-leur tout ce que le Seigneur t'a fait, et comment il a eu pitié de toi. Il s'en alla, et se mit à publier dans la Décapole tout ce que Jésus avait fait pour lui. Et tous furent dans l'étonnement. ».  Marc 5 : 18.                                                                                                                                                                                                                             

« Vous serez menés, à cause de moi, devant des gouverneurs et devant des rois, pour servir de témoignage à eux et aux païens ». Matthieu 10:18.                                                                                                                                   

Jésus alla prêcher dans quelques lieux païens:                       « Jésus parcourait toute la Galilée, enseignant dans les synagogues, prêchant la bonne nouvelle du royaume, et guérissant toute maladie et toute infirmité parmi le peuple. Sa renommée se répandit dans toute la Syrie, et on lui amenait tous ceux qui souffraient de maladies et de douleurs de divers genres, des démoniaques, des lunatiques, des paralytiques; et il les guérissait. Une grande foule le suivit, de la Galilée, de la Décapole, de Jérusalem, de la Judée, et d'au delà du Jourdain ». Matthieu 4:23-25.

« Lorsqu'il fut à l'autre bord, dans le pays des Gadaréniens, deux démoniaques, sortant des sépulcres, vinrent au-devant de lui. Ils étaient si furieux que personne n'osait passer par là. Et voici, ils s'écrièrent: Qu'y a-t-il entre nous et toi, Fils de Dieu? Es-tu venu ici pour nous tourmenter avant le temps? Il y avait loin d'eux un grand troupeau de pourceaux qui paissaient. Les démons priaient Jésus, disant: Si tu nous chasses, envoie-nous dans ce troupeau de pourceaux. Il leur dit: Allez! Ils sortirent, et entrèrent dans les pourceaux. Et voici, tout le troupeau se précipita des pentes escarpées dans la mer, et ils périrent dans les eaux ». Matthieu 8:30-33.                                                                                                                              

« Quelques Grecs, du nombre de ceux qui étaient montés pour adorer pendant la fête, s'adressèrent à Philippe, de Bethsaïda en Galilée, et lui dirent avec instance: Seigneur, nous voudrions voir Jésus. Philippe alla le dire à André, puis André et Philippe le dirent à Jésus. Jésus leur répondit: L'heure est venue où le Fils de l'homme doit être glorifié. » Jean 12:20-23.                                                                                                                                                            

« Et il enseignait et disait: N'est-il pas écrit: Ma maison sera appelée une maison de prière pour toutes les nations? Mais vous, vous en avez fait une caverne de voleurs ». Marc 11:17.

                       Les éclaircissements                                                                                                                                                     Tous ces versets sont faciles à comprendre dans leurs contextes. Jésus n’a jamais envoyé ses disciples apporter son évangile aux païens, comme le croient les chrétiens.                                     Si les disciples sont allés vers les nations ce n’était pas sur  base d’une quelconque recommandation de Jésus comme certains le pensent. Dieu s’est choisi les païens par la prédication de Pierre chez Corneille suite aux offrandes et à la piété de ce dernier :            « Il y avait à Césarée un homme du nom de Corneille, centurion à la cohorte appelée l’Italique. Dans sa piété et sa crainte envers Dieu que toute sa famille partageait, il comblait de largesse le peuple juif et invoquait Dieu en tout temps. Un jour, vers trois heures de l’après-midi, il vit distinctement en vision un ange de Dieu entrer chez lui et interpeller : «  Corneille » Corneille le fixa du regard et saisi de crainte, il répondit : « Qu’y a-t-il, Seigneur » Tes prières et tes largesses se sont dressées en mémorial devant Dieu. Et maintenant, envoie des hommes à Joppé pour en faire venir un certain Simon qu’on surnomme Pierre. Il est l’hôte d’un autre Simon corroyeur, qui habite une maison au bord de la mer.  Dès que fut disparu l’ange qui venait de lui parler, Corneille appela deux gens de sa maison ainsi qu’un soldat d’une grande piété, depuis longtemps à ses ordres, il leur donna tous les renseignements voulus et les envoya à Joppé ». Actes 10 :1 à 8.

C’est la crainte révérencielle de Corneille manifestée par ses offrandes qui est l’élément déclencheur de l’évangélisation des païens et non quelque recommandation de Jésus en ce sens. Avant l’arrivée des émissaires de Corneille, l’apôtre  Simon Pierre aura une vision qui lui préparera à porter l’évangile aux non- Israélites: « Le lendemain, tandis que poursuivant leur route ils se rapprochaient de la ville, Pierre  était monté sur la terrasse de la maison pour la pierre ; il était à peu près midi. Mais la faim le prit et il voulut manger. On lui préparait un repas quand une extase le surprit, il contempla le ciel ouvert : il descendait un objet indéfinissable, une sorte de toile immense, qui par quatre points venait de se poser sur la terre. Et à l’intérieur, il y avait toutes les animaux quadrupèdes, et ceux qui rampent sur la terre, et ceux qui volent dans le ciel. Une  voix s’adressa à lui : « Allez, Pierre : Tue et mange » « jamais, seigneur, répondit Pierre. Car de ma vie je n’ai rien mangé d’immonde ni d’impur. » Et de nouveau une voix s’adressa à lui pour la seconde fois : « ce que Dieu a rendu pur tu ne vas pas toi, le déclaré immonde ! » Cela se  produisit trois fois, et l’objet fut aussitôt enlevé dans le ciel ». Actes 10 :9 à 16.

La nourriture immonde et impure que le seigneur demandait à Pierre de manger symbolisait les païens, les non Juifs. Le Seigneur rassura Pierre : « Voici deux hommes qui te cherchent. Descends donc tout de suite et prends la route avec eux sans te faire aucun scrupule : car c’est moi qui te les envoie ». Actes 10 :19 à 20.

Devant Corneille et les autres païens, Pierre déclara ouvertement : « Comme vous le savez, c’est un crime pour un juif que d’avoir les relations suivies ou même quelque contact avec un étranger. Mais, à moi, Dieu vient de me faire comprendre qu’il ne fallait rien déclarer immonde ou impur … » Actes 10 :28 à 29.                                                                                                              Par sa vision, Pierre a compris qu’il  lui était permis d’avoir des relations avec les païens, c’est-à-dire ils étaient devenus dignes d’être évangélisés. Si Jésus avait demandé à ses disciples d’évangéliser les païens, jamais Pierre n’aurait fait cette remarque grave devant des païens ! Cela prouve à suffisance que les disciples de Jésus n’ont jamais été instruits pour ce faire. Après l’exposé de la vision par Corneille, Pierre dit : « Je me rends compte en vérité que Dieu est impartial, et qu’en toute nation, quiconque le craint et pratique la justice trouve accueil  auprès  de lui. Son message, il l’a envoyé aux israélites : la bonne nouvelle de la paix par Jésus, lui qui est le seigneur de tous les hommes ». Actes 10 :34 à 36.   

Pierre est plus que clair : Jésus et la bonne nouvelle qu’il a apportée sont pour les Israélites.                                                                                   Pendant que Pierre exposait, l’esprit saint est descendu sur les nations, les païens. Il faut signaler que la présence de Pierre parmi les nations (païens) pour leur évangélisation n’a plut à personne parmi les autres dirigeants de l’Eglise, et Pierre sera jugé pour s’être permis de le faire. Il est rapporté : « Cependant les apôtres et les frères de Judée apprirent que les païens eux aussi, avaient accueilli la parole de Dieu. Quand donc Pierre monta à Jérusalem, les circoncis le prirent à partie : « Pourquoi, lui demandèrent-ils, es-tu entré chez les incirconcis et as-tu mangé avec eux ? » Actes 11 :1 à 3. 

Si Jésus avait recommandé à ses disciples de faire des nations ses disciples,  c'est-à-dire de convertir les païens ou d’évangéliser toute la terre, Pierre n’aurait certainement pas manqué de leur rappeler que son court séjour chez les païens pour leur évangélisation trouvait son essence  dans les  recommandations de Jésus leur ordonnant d’agir en ce sens  et non sur la vision qu’il a eu sur les animaux impurs qu’on lui demandait de manger. C’est clair que les apôtres n’ont pas reçu la mission de porter l’évangile aux nations. Il faut souligner ici qu’aucun apôtre n’a défendu Pierre en rappelant aux frères contestataires que l’évangélisation de païens était une des recommandations que les apôtres avaient reçu de Jésus ; Pierre ,non plus ,n’a avancé une quelconque parole de Jésus leur enjoignant d’aller vers les païens mais, il s’était appesanti sur la vision qu’il a eu avant de prêcher à ces derniers ,ce qui serait à la base de la descente du Saint-Esprit après sa prédication : « Or, à peine avais-je commencé à parler que l’esprit  saint tomba sur eux tout comme sur nous au début … Si donc Dieu leur a accordé le même don qu’à nous, pour avoir cru au seigneur Jésus-Christ, qui étais-je moi, pour faire obstacle à Dieu. » Ces paroles les apaisèrent, et ils glorifièrent Dieu en disant : « Ainsi donc aux païens aussi Dieu a donné la repentance qui conduit à la vie éternelle ». Actes 11 :15 à 18.

L’attitude de l’Eglise primitive de Jérusalem face à Pierre et leur témoignage selon lequel les païens venaient aussi d’avoir part à l’évangile par sa prédication  dans la maison de Corneille prouvent à suffisance qu’aucun apôtre n’avait prêché l’évangile à un païen avant cela, même si la Bible raconte que les apôtres allaient évangéliser de lieu en lieu, de ville en ville. De ville en ville et de lieu en lieu, les apôtres n’évangélisaient que les enfants d’Israël. Si tel n’était pas le cas, jamais l’on soulignerait que les apôtres avaient appris que les païens venaient d’accueillir l’évangile par le fait de Pierre et cela sur base du témoignage des apôtres et des anciens. Cette vérité consistant à souligner que c’est par Pierre que les païens ont pour la première fois écouté l’évangile a été confirmée par la suite : « Après une longue discussion, Pierre se leva et dit : « Frères, vous le savez : dés les premiers jours, Dieu m’a choisi parmi vous pour que les païens entendent de ma bouche la parole de la Bonne Nouvelle et embrassent la foi. Et Dieu, qui connaît les cœurs, a témoigné en leur faveur, en leur donnant l’Esprit Saint tout comme à nous. Et il n’a fait aucune distinction entre eux et nous, puisqu’il a purifié leur cœur par la foi  ». Actes des apôtres 15 : 7 à 11.                                                                                                                           

Devant les autres apôtres réunis,  Pierre était catégorique : c’est lui et lui seul que Dieu a choisi parmi les autres apôtres pour porter l’évangile aux païens et c’est effectivement chez Corneille  que cela s’est concrétisé et l’Esprit Saint leur était accordé. Notons que personne n’a pris la parole pour lui contredire. Si Jésus avait ordonné à ses disciples de prêcher l’évangile aux païens, Pierre n’allait pas s’adjuger ce droit devant ses pairs. L’Apôtre Jacques confirmera  que c’est par l’activité missionnaire de Pierre auprès de Corneille que Dieu s’est choisi un peuple parmi les païens   : « …Frères, écoutez-moi. Siméon a exposé comment, dés le début, Dieu a pris soin de tirer d’entre les païens un peuple réservé à son Nom… ». Actes des apôtres 15 : 13 à 14.                                                                                                                                                     Ces deux déclarations prouvent à suffisance que les païens ont été évangélisés pour la première fois par Pierre qui est le seul à avoir eu ce privilège parmi les autres apôtres. Cette question a fait l’unanimité dans l’Eglise de Jérusalem.                                                         Quatre points sont à signaler. Primo, c’est également une preuve suffisante et nécessaire qui dénote que les Samaritains évangélisés par Philippe et pour lesquels la même Eglise avait délégué Pierre et Jean leur imposer les mains  étaient des Israélites de souche.  Actes des apôtres 8 :4 à 8,12 ,14 à 17 renseignent : «Ceux-là donc qui avaient été dispersés s’en allèrent de lieu en lieu en annonçant la parole de la Bonne Nouvelle. C’est ainsi que Philippe, qui était descendu dans une ville de la Samarie, y proclamait le Christ. Les foules  unanimes s’attachaient à ses enseignements, car tous entendaient parler des signes qu’il opérait, ou les voyaient .De beaucoup de possédés, en effet, les esprits impurs sortaient en poussant de grands cris. Nombre de paralytiques et d’impotents furent également guéris. Et la joie fut vive en cette ville…Mais quand ils eurent cru à Philippe qui leur annonçait la Bonne Nouvelle du Royaume de Dieu et du nom de Seigneur Jésus-Christ, ils se firent baptiser, hommes et femmes… Apprenant que la Samarie avait accueilli la parole de Dieu, les apôtres qui étaient à Jérusalem y envoyèrent Pierre et Jean. Ceux-ci descendirent donc chez les Samaritains  et prièrent pour eux, afin que l’Esprit Saint leur fût donné. Car il n’était encore tombé sur aucun d’eux ; ils avaient seulement été baptisés au nom du Seigneur Jésus. Alors Pierre et Jean se mirent à leur imposer les mains, et ils recevaient l’Esprit Saint. »

L’Eglise ne pouvait pas se méprendre en soulignant que c’était par la prédication de Pierre chez Corneille que les païens ont été évangélisés si ces Samaritains évangélisés par Philippe étaient des païens. Si ces derniers  n’étaient pas des Israélites de souche, Pierre qui leur a imposé les mains pour qu’ils reçoivent le Saint-Esprit, et ils l’ont reçu, ne pouvait pas signifier aux frères contestataires et aux apôtres que le Saint-Esprit était descendu pour la première fois sur les païens à Césarée, chez Corneille, ce qu’il a interprété comme leur admission dans la grande Eglise. Comment se serait-il présenté à un conseil pour s’être permis d’évangéliser les païens du moment où ces derniers l’auraient déjà été ?                                                                                                   

Secundo, l’on doit également mettre en exergue que le fonctionnaire éthiopien baptisé par Philippe n’était pas païen mais un Juif de la diaspora : « L’ange du Seigneur s’adressa à Philippe et lui dit : « Pars et va-t-en, à l’heure de midi, sur la route qui descend de Jérusalem à Gaza ; elle est déserte. » Il partit donc et s’y rendit .Justement un Ethiopien, un eunuque, haut fonctionnaire de Candace, reine d’Ethiopie, et surintendant de tous ses trésors, qui était venu ».Actes des apôtres 8 : 26 à 40.                                                                                                 Si ce haut fonctionnaire n’était pas un juif d’Ethiopie, un Falacha, Pierre aurait eu tort de souligner que c’est par lui que les païens ont entendu la parole de l’évangile. Pierre et toute l’Eglise savaient bien que c’était sur base des activités missionnaires de Philippe que lui et Jean ont baptisé les Samaritains, jamais il pouvait se taper la poitrine d’être celui choisi pour apporter l’évangile aux païens ; Jacques et, à sa suite, toute l’Eglise, ont reconnu la justesse  de la déclaration de Pierre. D’ailleurs, la différence d’approche est trop prononcée entre l’ordre donné à Philippe et celui donné à Pierre. Pour l’évangélisation des païens, l’on préparera et Pierre et Corneille à cette mission tandis que pour évangéliser un Israélite de souche, l’on informera Philippe pour ce faire.                                                                                    

Tertio, le texte des Actes des apôtres 2 :5 à 11 doit être compris à sa juste valeur : «Or il y avait, demeurant à Jérusalem, des hommes dévots de toutes les nations qui sont sous le ciel. Au bruit qui se produisit, la multitude se rassembla et fut confondue : chacun les entendait parler en son propre idiome. Ils étaient stupéfaits et, tout étonnés, ils disaient : « Ces hommes qui parlent, ne sont-ils pas tous Galiléens ? Comment se fait-il que chacun de nous les entende dans son propre idiome maternel ? Parthes, Mèdes et Elamites, habitants de Mésopotamie ,de Judée et de Cappadoce ,du Pont et d’Asie, de Phrygie et de Pamphylie ,d’Egypte et de cette partie de la Lybie qui est proche de Cyrène ,Romains en résidence, tant Juifs que prosélytes, Crétois et Arabes, nous les entendons publier dans notre langue les merveilles de Dieu».                                 Il n’y est nulle part souligner que les apôtres ont évangélisé les païens, les prosélytes qui étaient venus adorer à Jérusalem. Non, ces derniers ont tout simplement entendu les merveilles de Dieu dans leurs langues respectives et Pierre ne s’était jamais adressé à eux à cette occasion, il a focalisé son discours sur les Israélites. Cela apparait clairement dans ces extraits de son discours :         - « Hommes d’Israël, écoutez ces paroles. Jésus le Nazaréen, cet homme que Dieu a accrédité auprès de vous par les miracles, prodiges et signes qu’il a opérés au milieu de vous, ainsi que vous le savez… ». Actes des apôtres 2 :22.                                                                                                            - « Que toute la maison d’Israël le sache donc avec certitude : Dieu l’a fait Seigneur et Christ, ce Jésus que vous, vous avez crucifié. D’entendre cela, ils eurent le cœur transpercé, et ils dirent à Pierre et  aux apôtres : « Frères, que devons-nous faire ? »Pierre leur répondit : « vous, et que chacun de vous se fasse baptiser au nom de Jésus-Christ pour la rémission de ses péchés, et vous recevrez alors le don du Saint Esprit. Car c’est pour vous qu’est la promesse, ainsi que pour vos enfants et pour tous ceux qui sont au loin, en aussi grand nombre que le Seigneur notre Dieu les appellera. » Par beaucoup d’autres paroles encore, il les adjurait et les exhortait : « Sauvez- vous, disait-il, de cette génération dévoyée. »Eux donc, accueillant sa parole, se firent baptiser .Il s’adjoignit ce jour-là environ trois mille âmes » .Actes des apôtres 2 :36 à 41.                                                                                       L’on voit clairement qu’aucun païen n’a été évangélisé et aucun d’eux n’a cru en Jésus le jour de la pentecôte. L’élément le plus décisif à ce sujet c’est l’argument de Pierre et de toute l’Eglise de Jérusalem reconnaissant sans ambages que les païens ont été évangélisés pour la première fois  à Césarée, chez Corneille. Comment  l’église pouvait-elle apprendre que les païens aussi avaient reçu  l’évangile si ces derniers avaient déjà cru en Christ le jour de la pentecôte ?

Paul a confirmé que les apôtres de Jésus n’ont reçu  la mission  d’évangéliser que les Israélites. C’est à lui qu’il a été confié la tâche d’évangéliser les païens. Il a dit :« Mais au contraire, quand il ont vu que la bonne nouvelle m’avait été confiée pour les incirconcis, tout comme à Pierre pour les circoncis- car celui qui a donné à Pierre les capacités nécessaires pour un apostolat pour les circoncis m’a aussi donné des capacités pour les gens  des nations…ceux qui paraissent  être  des colonnes, nous ont donné, à moi et à Barnabas, la main droite d’association, pour que nous allions, nous vers les nations, mais eux vers les circoncis». Galates 2 : 7 à 9.    

Enfin, quarto, les textes d’Actes des apôtres 1 : 8 à  9: « Mais vous allez recevoir une force, celle de l’esprit saint qui descendra sur vous. Vous serez alors mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu’aux extrémités de la terre» et « Vous êtes les enfants des prophètes, et de l’alliance que Dieu a conclue avec nos pères, disant à Abraham : Et en ta semence toutes les familles de la terre seront bénies. A vous premièrement, Dieu ayant suscité son Fils Jésus, l’a envoyé pour vous bénir, en détournant chacun de vous de ses iniquités. "Actes des apôtres 3:24 à 26.

                                             

Aucun disciple de Jésus n’a compris ces recommandations comme voulant dire que les païens devraient être évangélisés. Sinon, pourquoi avoir convoqué Pierre dans un conseil où il sera pris à partie pour s’être permis d’aller évangéliser ces derniers ? C'est curieux que tous aient oublié les promesses et les recommandations de Jésus leur enjoignant d'évangéliser les nations. Cette marque de cécité collective ne peut qu'étonner tout lecteur et chercheur sérieux !  

Les apôtres ont tous démontré qu'ils n'étaient au courant d'aucune des recommandations suivantes:

« Et il leur dit: Ainsi il est écrit que le Christ souffrirait, et qu'il ressusciterait des morts le troisième jour, et que la repentance et le pardon des péchés seraient prêchés en son nom à toutes les nations, à commencer par Jérusalem ». Luc 24:46-47.                                                                                               « Cette bonne nouvelle du royaume sera prêchée dans le monde entier, pour servir de témoignage à toutes les nations. Alors viendra la fin ». Matthieu 24:24.
« Lorsque le Fils de l'homme viendra dans sa gloire, avec tous les anges, il s'assiéra sur le trône de sa gloire. Toutes les nations seront assemblées devant lui. Il séparera les uns d'avec les autres, comme le berger sépare les brebis d'avec les boucs ». Matthieu 25:32-33.
« Allez, faites de toutes les nations des disciples, les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit ». Matthieu 28:19.
« Puis il leur dit: Allez par tout le monde, et prêchez la bonne nouvelle à toute la création ». Marc 16:15.
« Car Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse point, mais qu'il ait la vie éternelle ». Jean 3:16.
 « Vous serez menés, à cause de moi, devant des gouverneurs et devant des rois, pour servir de témoignage à eux et aux païens ». Matthieu 10:18.        

                       Les synthèses                                      

L’alliance que Dieu a conclu avec Isaac n’était qu’une alliance familiale en ce qu’elle ne concernait pas toute l’humanité, mais seulement lui et ses descendants après lui : «... Dieu dit :"Mais si! Sara, ta femme, t’enfantera un fils ; tu le nommeras Isaac, et j'établirai mon alliance avec lui, une alliance perpétuelle pour sa descendance après lui ».Genèse 17:15 à 21.

Les descendants d’Isaac ont rompu l’alliance avec Dieu :                      « La terre a été profanée sous ses habitants ; car ils ont transgressé les lois, violé le commandement, rompu l'alliance éternelle ».Esaie 24 :5.                                                                                        Pour confirmer le caractère exclusivement israélite de l’alliance que Dieu avait faite avec Isaac et sa descendance après lui, contrairement à la promesse faite à Abraham de faire de lui la source du salut de l’humanité dans Genèse 12 :1 à 3 ,Dieu annoncera une seconde alliance dont Jésus sera le porte-parole : « Voici que des jours viennent,-oracle de Yahvé,-où je conclurai avec la maison d'Israël et avec la maison de Juda une alliance nouvelle, non comme l'alliance que je conclus avec leurs pères le jour où je les saisis par la main pour les faire sortir du pays d'Egypte, et eux ont rompu mon alliance à moi, à moi qui les avais épousés,-oracle de Yahvé. Oui! Voici l'alliance que je conclurai avec la maison d'Israël, après ces jours là oracle de Yahvé: -Je mettrai ma loi dans leur intime, et sur leur cœur je l'écrirai; et je serai leur Dieu, et ils seront mon peuple». Jérémie 31 : 31 à 34.                                                                                                            C’est évident que l’alliance dont Jésus était le garant n’était pas une alliance universelle mais bien une alliance nationale, réservée aux  deux maisons d’Israël.                                                                                           2° A son époque, Jésus a confirmé que les Israélites étaient indignes de l'Alliance éternelle et un autre peuple devrait être élu à leur place : « ...C'est pourquoi je vous le dis : Le royaume de Dieu vous sera enlevé et il sera donné à une autre nation qui en produira les fruits ». Matthieu 21: 42 à 43.                                          C’est manifeste qu’aucun descendant d’Isaac n’a reçu de Dieu un mandat pour toutes les nations qui sont sous le soleil, l‘alliance de Jésus, la nouvelle alliance, n’était réservée qu’aux Israélites alors qu’un descendant d’Abraham devait avoir un mandat pour toutes les nations.                            

Les disciples de Jésus étaient mieux placés que toute autre personne pour comprendre la portée des ordres qu’ils ont reçus de leur maître. Aucun apôtre n’est allé prêcher à un quelconque païen sur base d’un ordre reçu de Jésus en ce sens .L’on doit souligner que les apôtres sont restés plus de dix ans sans prêcher l’évangile à un quelconque païen bien qu’ils eussent été dispersés dans les territoires païens où ils ne prêchaient qu’aux Israélites. C’est la vision de Pierre et sa prédication dans la maison de Corneille, à Césarée, qui vont changer la donne. De là l’on comprend aisément que l’ordre leur donné de faire des nations ses disciples signifiait qu’ils devaient aller chercher les Israélites de la diaspora et non s’occuper des païens, car aucun disciple ne l’a fait sur cette base. Cela découle du champ de leur mission après qu’ils aient reçu ces différents ordres consistant à évangéliser les nations.  C’est Pierre et lui seul qui a reçu l’ordre d’inviter les païens à l’évangile et cela était indépendamment de la volonté ou de la recommandation de Jésus.

Jésus lui-même avait prophétisé que l’invitation des païens à l’évangile relèverait du vouloir de Dieu seul. Il a abordé ce sujet dans la parabole de noces ou il a clairement souligné que Dieu, le maître, avait organisé une fête pour son fils, Jésus, et il demandera à ses serviteurs, les apôtres, d’inviter les Israélites à l’intention desquels la fête fut organisée. C’est le refus de ces derniers  de venir à la noce qui a poussé le maître à demander à ses serviteurs d’inviter tout le monde, cela n’avait rien avoir avec le Fils. Cette parabole est abordée : « Un homme allait donner un grand dîner, et il invita beaucoup de monde. A l'heure du dîner, il envoya son serviteur dire aux invités :     « Venez, maintenant c'est prêt." Alors ils se mirent à s'excuser tous de la même façon. Le premier lui dit :"Je viens d'acheter un champ, il faut que j'aille le voir ; je t'en prie, excuse-moi." Un autre dit :" Je viens d'acheter cinq paires de bœufs et je pars pour les essayer; je t'en prie, excuse-moi." Un autre dit :" Je viens de me marier, et c'est pour cela que je ne puis venir." A son retour, le serviteur rapporta  ces paroles à son maître .Alors, pris de colère, le maître de maison dit à son serviteur :"Va- t’en vite  par les places et les rues de la ville, et amène ici les pauvres, les estropiés, les aveugles et les boiteux." Puis le serviteur vint dire :" Maître, on a fait ce que tu as ordonné, et il y a encore de la place. Le maître dit alors au serviteur :"Va- t’en par les routes et les jardins, et force les gens à entrer, afin que ma maison soit remplie. Car, je vous dis, aucun de ceux qui avaient invités ne goûtera de mon dîner ».Luc 14 : 16 à 24.

Cette parabole est très instructive. Elle confirme que Jésus n'a été envoyé qu'aux brebis perdues de la maison d'Israël. La seule leçon que  j’en tire  est que Dieu avait envoyé ses prophètes inviter les Israélites sur son chemin, mais ces derniers ont débouté l'invitation .Ce refus des Israélites poussera Dieu à ouvrir la porte de salut aux païens en les invitant au dîner. C'est clair que ce n'était pas eux les invités de Dieu au dîner messianique, l’invitation n'était pas universelle.

Lorsque l’on va dans l'évangile de Matthieu, qui a aussi cette parabole, l’on y trouve de renseignements complémentaires en rapport avec cet enseignement. Matthieu a ajouté ces paroles dont Luc n'a pas fait écho: "Les autres, saisissant les serviteurs, les maltraitèrent et les tuèrent. Le roi se mit en colère ; il envoya ses troupes, fit périr ces assassins et incendia leur ville ». Matthieu 22 : 6 à 7.

Le refus des Israélites de croire au message de Jésus était une cause de la destruction du Temple et du saccage de la Ville en l'an 70 par les Romains sous la direction du général Titus.

Ce sont les païens qui ont été admis dans le message de Jésus sans qu'ils n’en soient réellement les destinataires et bénéficiaires  qui ont été présentés en Apocalypse 7 : 9 à 17 : «  Après cela je vis : C’était une foule immense que nul ne pouvait dénombrer, de toutes nations, tribus, peuples et langues. Ils se tenaient debout devant le trône et devant l'agneau, vêtus de robes blanches et des palmes à la main. Ils proclamaient à haute voix : Le salut est à notre Dieu qui siège sur le trône et à l'agneau...L'un des anciens prit la parole et me dit :"Ces gens vêtus de robes blanches, qui sont-ils et d'où sont-ils venus ? Je lui répondis : « Mon Seigneur, tu le sais ! Il me dit:" Ils viennent de la grande épreuve .Ils ont lavé leurs robes et les ont blanchies dans le sang de l'agneau... ».

L’on doit encore souligner que l’ordre qui se trouve dans Marc 16 consistant à évangéliser toute la création doit être rejeté pour la bonne et simple raison que les anciens manuscrits de l’évangile de Marc se terminent au verset 8 du chapitre 16.Ce texte est un ajout tardif.                                                        

Lorsqu'il est dit que Dieu a tant aimé le monde, il faut bien savoir de quel monde il est question. Le monde dont il est question dans Jean 3:16 représente les pécheurs et incrédules Israélites. Le Christ l’a mis en exergue à plusieurs reprises, dont : « Si le monde vous hait, sachez  que moi, il m’a pris en haine avant vous. Si vous étiez du monde, le monde aimerait son bien ; mais parce que vous n’êtes pas du monde, puisque mon choix vous a tirés du monde, pour cette raison le monde vous hait. Rappelez-vous la parole que je vous ai dite : Le serviteur n’est pas plus grand que  son maitre .S’ils m’ont persécuté, vous aussi ils vous persécuteront ; s’ils ont gardé ma parole, la vôtre aussi ils la garderont. Mais tout cela, ils le feront contre vous à cause de mon nom, parce qu’ils ne  connaissent pas celui qui m’a envoyé. Si je n’étais pas venu et ne leur avais pas parlé, ils n’auraient pas de péché ; mais maintenant ils n’ont pas d’excuse à leur péché… Si je n’avais pas fait parmi eux les œuvres que nul autre n’a faites, ils n’auraient pas de péché ; mais maintenant ils ont vu et ils nous haïssent, et moi et mon Père ». Jean 15 : 18 à 24.  

-« Vous serez menés, à cause de moi, devant des gouverneurs et devant des rois, pour servir de témoignage à eux et aux païens ». Matthieu 10:18.                                                    Il y a de raisons valables de mettre en doute ce texte pour cette constatation logique : l’on voit mal comment Jésus pouvait demander à ses disciples de témoigner devant les païens lorsque l’on sait que  dans le même discours, il avait formellement interdit à ses apôtres de s’occuper des non –Israélites selon l’esprit de Matthieu 10 : 5 à 6 : « Ces douze ,Jésus les envoya en mission avec les prescriptions suivantes : « Ne prenez pas le chemin des païens et n’entrez pas dans une ville de Samaritains ; allez plutôt vers les brebis perdues de la maison d’Israël  » d’une part, et d’autre part il les a demandés de demeurer  à Israël, pays où il devait venir les cherchez avant d’avoir terminé de le parcourir : « Si l’on vous pourchasse dans telle ville ,fuyez dans telle autre ,et si l’on vous pourchasse dans celles-là, fuyez dans une troisième ; en vérité je vous le dis ,vous n’achèverez pas le tour des villes avant que ne vienne le Fils de l’homme. » Matthieu 10 :23.                                                                                 Si les disciples devaient rester à Israël, comment  allaient-ils témoigner devant les païens ? Et maintenant que tous les apôtres sont décédés, Jésus tarde à venir. Ce sont là deux déclarations contradictoires !  

- Dans Jean 4 : 42:" et ils disaient à la femme: Ce n'est plus à cause de ce que tu as dit que nous croyons; car nous l'avons entendu nous-mêmes, et nous savons qu'il est vraiment le sauveur du monde", il est question du point de vue de celui qui a dit ces paroles. Si cela devait constituer un argument, dans ce cas il faut aussi prendre Jésus pour un fou comme sa propre famille avait émis ce point de vue selon la Bible. Il est judicieux de souligner à ce niveau  que les Samaritains qui ont cru en Jésus étaient des Israélites de souche et non des païens  qui  ont été implantés en Israël à une certaine époque de l’histoire juive. Deux points  méritent d’être soulignés :                                                                                                            Primo, la femme samaritaine qui a conversé avec Jésus devant un puits, tel que rapporté dans le même évangile et dans le même chapitre, était une Israélite de souche, c’est-à-dire descendante de Jacob et des patriarches ; et elle habitait Samarie. La preuve c’est qu’elle a dit à Jésus : « Serais-tu plus grand que notre père Jacob, qui nous a donné ce puits et y a bu lui-même, ainsi que ses fils et ses bêtes ? » Jean 4 : 12 et aussi au verset 20 : « Nos pères ont adoré sur cette montagne et vous, vous dites : « C’est à Jérusalem qu’est le lieu où il faut   adorer.»                                                                                                 Secundo, si ces Samaritains qui avaient cru en Jésus étaient des païens, l’on doit avoir des idées nettes là-dessus que Pierre, Jacques et les autres apôtres ont trompé toute l’humanité en soulignant que c’était par le ministère de Pierre chez Corneille, à Césarée, que Dieu s’était choisi un peuple parmi les païens .Il y avait  unanimité autour de cette question dans l’Eglise primitive à Jérusalem.                                                                                                           

La présence de Jésus  dans les territoires mixtes ne voudrait en rien dire qu’il a évangélisé les païens.  L’on doit faire la part de choses entre assister les gens et leur prêcher l’évangile.                                            Les chrétiens ont également une autre série de versets :

-« Jésus parcourait toute la Galilée, enseignant dans les synagogues, prêchant la bonne nouvelle du royaume, et guérissant toute maladie et toute infirmité parmi le peuple. Sa renommée se répandit dans toute la Syrie, et on lui amenait tous ceux qui souffraient de maladies et de douleurs de divers genres, des démoniaques, des lunatiques, des paralytiques; et il les guérissait. Une grande foule le suivit, de la Galilée, de la Décapole, de Jérusalem, de la Judée, et d'au delà du Jourdain ». Matthieu 4:23-25.
Nulle part il est dit dans ces versets que Jésus a évangélisé les Syriens ou autres païens, l’on souligne tout simplement qu’il guérissait les malades divers.                                   

 

-« Lorsqu'il fut à l'autre bord, dans le pays des Gadaréniens, deux démoniaques, sortant des sépulcres, vinrent au-devant de lui. Ils étaient si furieux que personne n'osait passer par là. Et voici, ils s'écrièrent: Qu'y a-t-il entre nous et toi, Fils de Dieu? Es-tu venu ici pour nous tourmenter avant le temps? Il y avait loin d'eux un grand troupeau de pourceaux qui paissaient. Les démons priaient Jésus, disant: Si tu nous chasses, envoie-nous dans ce troupeau de pourceaux. Il leur dit: Allez! Ils sortirent, et entrèrent dans les pourceaux. Et voici, tout le troupeau se précipita des pentes escarpées dans la mer, et ils périrent dans les eaux ». Matthieu 8:30-33.                                                                              Une fois de plus c’est l’intervention de Jésus qui est mise en exergue et non l’évangélisation des païens.                                                                                            

 

-« Quelques Grecs, du nombre de ceux qui étaient montés pour adorer pendant la fête, s'adressèrent à Philippe, de Bethsaïda en Galilée, et lui dirent avec instance: Seigneur, nous voudrions voir Jésus. Philippe alla le dire à André, puis André et Philippe le dirent à Jésus. Jésus leur répondit: L'heure est venue où le Fils de l'homme doit être glorifié ». Jean 12:20-23.                                                                                                                                L’on doit souligner que Jésus n’a jamais converti ces prosélytes qui étaient venus adorer à Jérusalem. Ils ont demandé de rencontrer Jésus et il les a déboutés. Nulle part il est souligné que cette délégation a reçu l’évangile.

-« Et il enseignait et disait: N'est-il pas écrit: Ma maison sera appelée une maison de prière pour  toutes les nations? Mais vous, vous en avez fait une caverne de voleurs ». Marc 11:17.                                                  Je dois relever une chose .Jamais Jésus n’est venu universaliser le temple de Jérusalem.  Il a par contre attiré l’attention de ses compatriotes que le temple ne servirait plus à rien, en de termes cristallins : « moi, femme, l’heure vient où ce n’est ni sur cette montagne ni à Jérusalem que vous adorerez le Père. Vous, vous adorez ce que vous ne connaissez pas ; nous, nous adorons ce que nous connaissons, car le salut vient des Juifs» .Jean 4 : 21 à 22.                                                                                                                                           En plus de cela, il faut retenir que c’est depuis l’an 70 de l’ère chrétienne que le temple a été détruit par les Romains. Il y a lieu de se demander quand est-ce que cette prophétie s’accomplira quand l’on sait qu’il a été interdit aux païens par écrit sur une balustrade  de pénétrer dans le temple sous peine de mort et cela existait du vivant de Jésus sans qu’il fustigeât cet apartheid religieux.  

 -« Comme il montait dans la barque, celui qui avait été démoniaque lui demanda la permission de rester avec lui. Jésus ne le lui permit pas, mais il lui dit: Va dans ta maison, vers les tiens, et raconte-leur tout ce que le Seigneur t'a fait, et comment il a eu pitié de toi. Il s'en alla, et se mit à publier dans la Décapole tout ce que Jésus avait fait pour lui. Et tous furent dans l'étonnement ». Marc 5:18.

Jésus ici envoie l'homme raconter à Décapole la grâce de Dieu qu’il lui a manifesté et non de prêcher ou de les inviter  à son évangile.
Je souligne que guérir un malade non juif n'est pas un argument en faveur de l'universalité de la mission de Jésus. Je vois également que dans Matthieu15: 21 à 26 Jésus avait guéri une syro phénicienne, mais il avait souligné malgré cela que sa mission était pour les Israélites. Les chrétiens avancent le raisonnement selon lequel sa mission était universelle, mais elle a premièrement commencée en Israël ! La guérison d'un nom juif n'ouvrait pas son message à l'humanité mais était seulement une miséricorde de Dieu manifestée à la femme. Jésus est passé à plusieurs reprises dans le territoire de gentils. Il n'a jamais converti un seul païen  sa vie durant.

-« J’ai encore d’autres brebis qui ne sont pas de cet enclos ; celles-là aussi, il faut que je les mène ; elles écouteront ma voix ; et il y aura un seul troupeau, un seul pasteur » Jean 10 :16.                                                                                            

Les brebis d’une autre bergerie dont parle Jésus ce sont toujours les israélites qui n’avaient pas encore cru en lui et non les païens. Cela transparait dans le même texte : « Jésus allait et venait sous le portique de Salomon. Les Juifs firent cercle autour de lui et lui dirent : «Jusqu’à quand vas-tu nous tenir en haleine ? Si tu es le christ, dis-le nous ouvertement.»Jésus leur répondit : « Je vous l’ai dit, et vous ne me croyez pas .Les œuvres que je fais au nom de mon Père témoignent de moi ; mais vous ne me croyez, parce que vous n’êtes pas de mes brebis. Mes brebis écoutent ma voix, je les connais et elles me suivent. » Jean 10 : 23 à 27.                                                                             

Ces versets analysés prouvent à suffisance que la mission de Jésus sur la terre n’était exclusivement réservée qu’aux Israélites et non au monde entier.                                       

                                                            Yusuf  WETSHINDJADI OMENGA                                                                                                        Tél : +243 990 303 489    E-mail : clvb.rdc@gmail.com

Aucune note. Soyez le premier à attribuer une note !

Ajouter un commentaire

Vous utilisez un logiciel de type AdBlock, qui bloque le service de captchas publicitaires utilisé sur ce site. Pour pouvoir envoyer votre message, désactivez Adblock.

Date de dernière mise à jour : 27/02/2014

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site

×